Début novembre on m’a fait parvenir deux pneus Pirelli Cinturato Velo TLR en 28 mm et adaptés à un montage « tubeless » sans chambre à air. Exactement ce qu’il fallait pour remplacer mes Schwalbe Pro One un peu usés. Ces derniers étaient en 25 mm de large et aussi montés en tubeless sur mes jantes DT RC 38. Cela fait quelques années déjà que tous mes vélos sont en tubeless, sauf mon Alpenchallenge «urbain» et le jour où les pros feront le pas, il y aura peut-être moins de psychodrames liés au gravier sur les tracés, comme lors du dernier Paris-Tours l’automne dernier. Mais on n’en est pas encore là si j’en crois cette discussion sur le Podcast de Cycling Tips. Intéressant si vous comprenez l’anglais. C’est à 25’40’’.

Voilà pour le tubeless, que je ne saurai trop vous conseiller (sauf si vous avez une voiture suiveuse lors de vos sorties, auquel cas vous n’avez pas non plus besoin de lire la suite, je n’ai pas la prétention d’expliquer ce qu’ils doivent faire aux pros, même si certaines de leurs convictions semblent parfois relever davantage de la superstition que d’un choix raisonné) pour un poids contenu et des crevaisons réduites.

Le “packaging” est déjà du plus bel effet.

Puisque l’on parle du poids, ces “Cinturato”, qui se veulent solides, sont un peu plus lourds que les Schwalbe qu’ils ont remplacés chez moi. Environ 340 grammes soit quelque 80 grammes de plus que mes Schwalbre Pro One un plus étroits et usés jusqu’à la corde. Pas négligeable, mais la tranquillité, ça ne se néglige pas non plus.

On sent aussi qu’il y a davantage de gomme, surtout sur les flancs et ce pneu est très agréable au toucher: souple avec une agréable texture qui prédit une bonne accroche, notamment en virage.

La gomme se dévoile et inspire déjà confiance.

Mais comment juger un pneu si l’on n’a pas le même vélo équipé de gommes différentes pour comparer? J’aime bien utiliser mon critère habituel: il faut que cela fonctionne et se fasse oublier. Lors des premières sorties on essaie bien quelques freinages tardifs, des virages bien «anglés» et puis on laisse tomber le «test». On roule, on roule, jusqu’à oublier le pneu.

En toute confiance

Avec ces Pirelli, j’ai surtout oublié comme c’était avant. Pour la faire courte: il inspire confiance, mais vraiment, avec ce sentiment difficile à expliquer de pourvoir «bombarder» en descente et en virage sans souci. Le pneu «grippe» et rien ne semble pouvoir nous arriver.

Le pneu inspire aussi confiance, car il offre une protection incroyable contre les crevaisons. D’autres l’ont mesuré, pesé et testé sur des machines mieux que je ne pourrai jamais le faire. Conclusion? «Comme promis par Pirelli, no tests confirment que la résistance à la crevaison du Cinturato TLR s’établit à un nouveau niveau.» L’épaisseur de 3,7 mm au centre (contre généralement bien moins de 3 mm) du pneu y participe évidemment.

Un (faible) prix à payer

Tout est donc parfait? Non, rien n’est parfait dans ce bas monde et la résistance aux crevaisons se paie par une résistance au roulement un peu plus importante que pour des concurrents plus «light», dont la carcasse se déforme plus facilement et roule mieux. Vous trouverez tous les détails sur cette même page.

Sur la boîte, des indications claires pour le montage et sur le pneu, les précisions pour la pression. Maximum 6 bars en tubeless.

Comme je ne renonce devant aucun sacrifice 😉 pour tester le matériel, j’ai fait fi des performances un peu «moins bonnes» en théorie de ce pneu pour le laisser sur mes roues à l’occasion du Grand-Prix L’Echappée, à Fully, le 7 avril dernier. J’étais au moins tranquille du point de vue des crevaisons. Je n’ai pas gagné, mais je n’étais pas dernier non plus sur mon vélo monté avec ces Pirelli Cinturato 28 mm à une pression de 6 bars pour mes 77 kilos.

A l’aise sous la pluie

Cette course s’est déroulée par une météo flandrienne avec de la pluie et un vent à décorner les bœufs, qui avaient dû rester à l’écurie, car je n’en ai point vu.

C’était l’occasion rêvée de tester ces pneus sur route mouillée, détrempée même, et en roulant assez vite avec une pointe à 90 km/h dans la descente sur Ardon. A aucun moment je n’ai été inquiet pour ma tenue de route, en faisant certes un peu gaffe, mais j’avais toujours l’impression de pouvoir virer plus vite que mes concurrents et de freiner plus tard. Un dernier point aussi rendu possible par les freins à disque, certes, mais il faut tout de même que la gomme accroche un peu à la route, sinon on peut bien essayer de freiner fort, ça ne ralentira pas beaucoup.

La roue arrière est partie en glisse une seule fois, à 68 km/h juste avant le rond-point d’Ardon, mais en douceur et sans le temps d’avoir peur… Le reste du temps, c’était confort et douceur (relative tout de même avec ces jeunes amateurs qui ne tenaient pas en place) sur le revêtement parfois dégradé de nos routes valaisannes.

Faible usure

Le pneu s’avère aussi résistant à l’usure. Après plus de 2000 kilomètres sur tous types de terrains entre le 1er novembre 2018 et début avril 2019, l’usure est tout ce qu’il y a de plus négligeable. Je vais devoir les garder encore un bout de temps.

Tout ceci grâce aux multiples composants que Pirelli vous détaille mieux que moi.

Première sortie automnale dans le vignoble valaisan, mais les pneus ne sont pas sur ce vélo…

Voilà pour la route. Vous pourrez aussi vous lancer sur des tracés non asphaltés sans trop de souci. Le tubeless offre déjà une bonne protection en soi, avec ce pneu renforcé en prime, on est tranquille. D’autres dimensions (26, 28, 32 et 35 mm) sont disponibles et permettent de l’envisager sur votre vélo de tous les jours pour des explorations plus urbaines ou dans les sous-bois.

En conclusion: si vous cherchez un pneu robuste, performant et qui ne vous lâchera pas, le Cinturato Velo TLR offre ceinture et bretelles au prix d’un poids un peu plus élevé que certains concurrents (également dans la gamme Pirelli avec le P Zero) destinés à la compétition sans compromis. Et le jour où je crève avec, je vous ferai signe.