“Un bon réseau de voies cyclables contribue à éviter des accidents et à mieux gérer la croissance de la mobilité”, selon le Conseil fédéral, qui a présenté lundi l’arrêté fédéral concernant les voies cyclables et les chemins et sentiers pédestres à la presse.

Le 23 septembre 2018, l’arrêté fédéral concernant les voies cyclables et les chemins et sentiers pédestres sera soumis au vote. Cet arrêté constitue un contre-projet direct à l’initiative vélo, qui a été retirée. Il permettra à la Confédération de définir les principes auxquels les réseaux de voies cyclables doivent répondre ainsi que de soutenir et de coordonner les mesures prises par les cantons et d’autres acteurs. «L’arrêté contribue à améliorer la sécurité routière», a déclaré la conseillère fédérale Doris Leuthard en présentant la position du Conseil fédéral. Tous en profitent. «Un bon réseau de voies cyclables contribue en outre à délester les trains, les bus et les trams.»

La popularité du vélo ne cesse de croître en Suisse. Près de deux tiers des ménages possèdent ainsi au moins un vélo. De nombreuses personnes l’utilisent pour leurs loisirs, mais davantage encore au quotidien, par exemple pour se rendre à leur travail. L’essor des vélos électriques a renforcé cette tendance. Souvent, aux heures de pointe, les trains, les bus et les trams sont bondés et le trafic automobile est très dense. Aussi le vélo gagne-t-il en importance.

Plusieurs partis et associations ont lancé l’initiative vélo en 2015 pour revaloriser le trafic cycliste. Celle-ci visait à inscrire dans la constitution l’obligation pour la Confédération de promouvoir les voies cyclables. Pour le Conseil fédéral et le Parlement, une telle exigence allait trop loin. Leur contre-projet direct donne en revanche la possibilité à la Confédération de soutenir les voies cyclables. La Confédération est ainsi chargée de fixer les principes applicables aux réseaux de voies cyclables. Elle peut par ailleurs soutenir et coordonner les mesures des cantons et d’autres acteurs en la matière et fournir des informations sur les réseaux de voies cyclables. Au vu de ce contre-projet direct, le comité a retiré son initiative.

Piste cyclable séparée du trafic automobile à Martigny.

L’arrêté fédéral met juridiquement les voies cyclables sur un pied d’égalité avec les chemins et sentiers pédestres. L’article constitutionnel créé il y a 40 ans pour promouvoir ces chemins et sentiers est complété en conséquence. « Un bon réseau de voies cyclables contribue à éviter des accidents. La séparation des voies dévolues aux voitures, aux cyclistes et aux piétons permet de limiter les problèmes liés à leur cohabitation » a indiqué la conseillère fédérale Doris Leuthard. Tous en profitent. Le trafic cycliste est le seul secteur dans lequel le nombre de personnes tuées ou blessées lors d’accidents a augmenté depuis l’an 2000.

Les voies cyclables contribuent à réduire l’affluence dans les trains, les bus et les trams et à mieux gérer la croissance de la mobilité. Il vaut donc la peine de mieux exploiter le potentiel du trafic cycliste qui est loin d’être épuisé : presque 80 % des trajets en bus et en tram et un déplacement automobile sur deux se font sur moins de 5 kilomètres. « Il est donc utile que la Confédération puisse à l’avenir soutenir les mesures prises par les cantons pour les voies cyclables comme pour les chemins et sentiers pédestres », a souligné la conseillère fédérale Doris Leuthard.

Soutien fédéral uniquement subsidiaire

Prendre le vélo au lieu de la voiture ou des transports publics réduit la consommation énergétique et les émissions de CO2. En plus, les vélos ne font pas de bruit et n’émettent pas de gaz d’échappement. Enfin, faire du vélo, c’est faire du sport, ce qui est bon pour la santé. Faire du vélo est une activité sportive et un loisir appréciés ; le vélo devient aussi de plus en plus important pour le tourisme suisse. De nombreuses villes et régions de vacances encouragent ainsi les offres d’excursions à vélo ou à VTT. Elles ont besoin d’un bon réseau de voies cyclables.

Avec le contre-projet, la planification, la construction et l’entretien des voies cyclables resteront du ressort des cantons et des communes. Si l’arrêté est accepté par le peuple et les cantons, la Confédération pourra leur apporter son soutien. Le Parlement en fixera les modalités dans la loi. On peut partir du principe que la Confédération se verra confier les mêmes tâches que pour les chemins et sentiers pédestres (élaborer des données et des statistiques pour l’ensemble de la Suisse, développer des standards de qualité et de sécurité et fournir des géodonnées pour les cartes et les applications mobiles).

Un oui à l’arrêté fédéral se justifie parce qu’un bon réseau de voies cyclables…

  • améliore la sécurité routière,
  • décongestionne le reste du trafic,
  • ménage l’environnement,
  • permet de promouvoir le tourisme.

Rôle joué par la Confédération pour les chemins et sentiers pédestres

La Confédération soutient les cantons et les communes depuis environ 40 ans dans le domaine des chemins et sentiers pédestres en procédant à des analyses, en développant des outils de planification, en définissant des standards et en proposant des services de conseils et des offres de formation. Elle contribue ainsi à ce que plus de 60 000 kilomètres de sentiers pédestres dans toute la Suisse soient entretenus correctement et dotés d’une signalisation uniforme. La Confédération et les cantons collaborent avec plusieurs associations et fondations qui se consacrent aux chemins et sentiers pédestres, notamment l’association faîtière Suisse Rando, l’association Mobilitépiétonne Suisse et la Fondation SuisseMobile.

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