Si les spécialistes de cyclocross n’ont pas tout à fait répondu à l’attente aux Mondiaux de Tabor (Julien Taramarcaz, le meilleur Suisse, est 11ème à près de 3 minutes), on espère qu’il en sera autrement avec les pistards qui s’apprètent à disputer les championnats du monde sur piste dans le nouveau vélodrome de St.Quentin-en-Yvelines, au nord de Paris. Un rendez-vous très attendu par tous ceux qui aspirent à glâner titres et médailles dans cette nouvelle enceinte inaugurée récemment, mais aussi par ceux qui espèrent profiter de l’occasion pour y obtenir les points qui leur manquent pour participer aux JO de Rio de Janeiro, en 2016.

Théry Schir et Stefan Küng lors de la reconnaissance du circuit en juin dernier. Photo Bertand Duboux

Théry Schir et Stefan Küng lors de la reconnaissance du circuit des Européens de Nyon en juin dernier. Photo Bertand Duboux

C’est notamment le cas de l’équipe de Suisse qui, après s’être mise en évidence lors des épreuves de la Coupe du monde 2014-2015 à Londres et Guadalajara (Mexique), a été plutôt discrète à Cali (Colombie) avec une sélection privée il est vrai de trois de ses principaux éléments : Stefan Küng, Tom Bohli et Frank Pasche. Un choix délibéré de la part de l’entraîneur et coach national Daniel Gisiger afin de leur permettre de récupérer et de mieux préparer cette importante échéance en territoire français.

A Cali, pour épauler Théry Schir (récemment sacré champion de Suisse de l’omnium pour la deuxième année consécutive) et Cyrille Thièry, Daniel Gisiger avait fait appel au Genevois Loïc Perizzolo et au Zurichois Claudio Imhof mais le quatuor helvétique n’a signé que le 15ème temps de qualification en 4’10 :669 et n’a pas pu accéder au 2ème tour de la compétition. Le meilleur résultat a été obtenu par le Vaudois Gaël Suter (VC Montreux-Rennaz) finalement troisième de l’omnium avec de précieux points qualificatifs à la clé.

Sept coureurs dont cinq Vaudois

En prévision de ces Mondiaux sur piste (18 au 22 février), Swiss Cycling a finalement sélectionné sept coureurs dont cinq Vaudois, ce qui ne s’est jamais vu dans l’histoire des championnats du monde sur piste ! Une décision qui a de quoi combler de joie le dévoué Michel Vaucher, le responsable de l’Association des vélodromes romands. Déjà très actif à l’époque du vélodrome de la Pontaise, à Lausanne, il est à l’origine il y a quelques années de l’oganisation des courses hebdomadaires au Centre mondial de cyclisme, à Aigle. Une initiative qui a permis la découverte de nouveaux talents et la formation d’une nouvelle génération qui a complètement relancé l’intérêt pour la piste en Suisse et qui aspire désormais à obtenir son billet pour le Brésil.

« On a travaillé avec les vélodromes romands et Michel Vaucher qui a beaucoup fait pour l’organisation des courses, reconnaît Daniel Gisiger. Les Romands sont en force mais pour moi, les gars sont tous Suisses. Les alémaniques ont progressivement délaissé les épreuves du vel d’hiv, car du côté de Zurich ils n’avaient plus de piste couverte disponible. Maintenant il y a le vélodrome de Granges. »

Gisiger: “Mon souci, c’est Küng”

Et Gisiger d’ajouter : « Actuellement la Suisse est 9ème nation au niveau mondial et parmi les 6 premières nations européennes. Les Mondiaux de St.Quentin sont très, très importants pour nous. C’est là qu’on marque le plus de points. Si on réussit de bons championnats du monde, on aura un petit matelas et cela nous permettra de mieux planifier notre saison à venir et surtout de ne pas courir après les points qui nous manquent lors des épreuves de la Coupe du monde 2015-2016. Mon souci, désormais, c’est Stefan Küng. Il a signé comme professionnel chez BMC et il est astreint à un programme de route. Il dispute actuellement le Tour de Dubaï et je ne sais pas comment il va me revenir… »

Bertrand Duboux, 4/2/2015