Je ne suis pas Vaudois, mais j’ai découvert que je pouvais tout de même être “déçu en bien” à l’occasion de ma première prise de contact avec le groupe microSHIFT Centos 11, que l’on m’a fait parvenir afin de le tester…

Le colis contenait deux leviers combinés « frein et vitesses », un dérailleur avant, un autre pour l’arrière et une cassette 11 vitesses 11-28.

Les débuts de mes essais furent difficiles, mais par ma faute, car il fallait trouver un vélo… Pas vraiment que j’en manque, mais tous sont équipés de freins à disques hydrauliques et les poignées du microSHIFT Centos 11 ne tirent que du câble, que ce soit pour les dérailleurs ou les freins. Pendant quelque temps j’ai donc cherché un vélo, notamment dans le magasin de mon épouse, une «occase» ou autre cadre abandonné qui aurait pu accueillir ce groupe. Entre le temps qui passe, les occasions manquées et les autres vélos à rouler, j’ai bien failli oublier ce groupe dans son carton. Heureusement, la technologie contemporaine et ses alarmes récurrentes venaient rappeler ce Centos 11 à ma mauvaise conscience.

Sur le vélo de cross

C’est en envisageant la nouvelle saison de cyclocross et le montage d’un nouveau vélo que l’illumination s’est faite… Le système de freinage d’origine de mon cyclocross, remplacé par un Shimano 105 tout hydraulique, était un TRP semi-hydraulique, comprenez un tirage à câble, qui actionne le frein dont l’hydraulique est intégrée à l’étrier.

La solution trouvée pour le freinage à disques avec une poignée qui tire du câble… Les TRP dont l’hydraulique est située dans l’étrier et qui fonctionnent ma foi plutôt bien eux aussi.

L’ergonomie des commandes du microSHIFT Centos 11 se situe quelque part entre SRAM et Campagnolo. On actionne le grand levier placé à l’arrière de la poignée de frein pour «monter» les vitesses «façon SRAM» et un petit levier «façon Campa», à l’intérieur des cocottes, permet de les «descendre». La montée des vitesses est toutefois plus souple que chez SRAM, avec une sensation qui s’approche davantage d’un levier Shimano.

Le petit levier pour «descendre» les pignons s’attrape facilement, même avec les mains au bas du cintre. Il permet de passer trois vitesses à la fois.

J’ai bien aimé la forme de cocottes, fines, assez éloignées de certains leviers hydrauliques actuels et s’intégrant bien à mon poste de pilotage à la guidoline tendue. J’apprécie en effet les cintres assez fins, surtout sur mon vélo de cyclocross, pour une prise ferme et souple à la fois, avec un main «englobante» sans avoir à serrer le guidon trop fort pour le maintenir où je le veux. Le toucher du caoutchouc des cocottes est aussi assez agréable et accrocheur, rien à dire de ce côté.

Et puisqu’on est au toucher, celui du levier de frein est aussi agréable qu’efficace. Suffisamment large pour le confort et juste galbé ce qu’il fait pour pouvoir l’actionner sur le coté, du bout des doigts, pour les petits freinages qui ne nécessitent pas toute la force des doigts.

Fonctionnement: ça roule

Après quelque sorties dans le terrain, force est de constater que tout ceci fonctionne très bien. Le levier permet de «monter» quatre pignons (un de plus que chez Shimano par exemple) à la fois et trois actions suffisent donc pour passer du plus petit au plus gros pignon. A l’inverse, le levier «façon Campa» permet de descendre les pignons trois par trois. Le toucher est un peu plus «sec» et le jeu initial permet de ne pas actionner inutilement le levier lorsque ça «tabasse» un peu. Plutôt bien vu. Ce levier est en outre doté d’une ailette supplémentaire qui permet de l’actionner plus facilement lorsque l’on roule avec les mains sur le bas du cintre. Seul grief: un petit jeu dans les leviers les rend parfois un peu sonores lors de secousses sur une route en mauvais état. Dans le terrain certainement aussi, mais là ces petits claquements sont vite couverts par d’autres bruits du vélo.

Une action sur le levier permet de passer quatre vitesses à la fois.

Le passage de vitesses est précis, sans histoires et ne nécessite que peu de force sur le levier. Le tirage de câble étant le même que chez Shimano, il est même possible de mixer les composants le cas échéant. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait à l’avant, en conservant mon dérailleur Shimano. Ce n’est pas que je ne voulais pas tester le Centos, mais je n’avais pas trop l’envie d’ouvrir ma chaîne toute neuve pour l’occasion. Mais je le ferai, promis, à l’occasion d’un essai sur une plus longue durée.

Fonctionnement irréprochable pour le dérailleur. A confirmer sur la durée.

Pour l’heure, «déçu en bien» disais-je. Pas de réticence à avoir si votre vélo est équipé en microSHIFT. Où à choisir ce groupe à la place d’un Shimano 105, voire même Ultegra si vos finances sont limitées. Neuf, ce Centos 11 fonctionne très bien. A confirmer sur la durée.